Au pays d'Arthur

du 2 février au 18 avril 2026

Myriam Richard

Vernissage le 5 février à 18h30

Elise - Photographie Myriam Richard - 2024

Invitée en résidence par le Musée Arthur Batut en 2024-25, Myriam Richard est allée à la rencontre des membres d’associations labruguiéroises sportives, culturelles ou socio-éducatives. Elle a ainsi réalisé des portraits en couleur mis en scènes avec un point de vue quelque peu décalé et poétique sur ses sujets. Le traitement de la couleur, central dans sa démarche par l’utilisation de diapositives pour les prises de vue et du procédé Fresson pour les tirages, l’a conduit à s’intéresser aux autochromes d’Arthur Batut. Dans l’exposition dialoguent des tirages d’après ces autochromes avec les portraits réalisés en résidence.

Au pays d’Arthur

En juin 2022, je me rendais pour la première fois au Musée Arthur Batut pour voir l’exposition, La petite fabrique du portrait autour des photographies d’Arthur Batut. Depuis lors, je rêvais de pouvoir faire un jour un voyage dans le temps, dans le prolongement de ce pionnier de la photographie, afin d’enrichir ma démarche et de lui donner corps.

Deux ans plus tard, Dominique Blanc m’invitait dans le cadre d’une résidence de création, à réaliser des portraits de personnes engagées dans les nombreuses associations de Labruguière. Partie à la rencontre d’un territoire dont je ne connaissais que les œuvres d’Arthur Batut, mes photographies ont été un échange permanent avec cette figure fondatrice, reporter de son cercle familial et expérimentateur de nouvelles techniques.

Heureuse de marcher sur les pas d’Arthur Batut, comme s’il s’agissait de retrouvailles, j’arpentais la ville, son cœur ancien, les bords du Thoré, les falaises calcaires de Caucalières, la maison familiale d’En Laure et son domaine. Munie de tissus colorés, d’objets divers et d’une couverture piquée, j’élaborais ma série sous influence et convoquais un nouveau scénario de l’histoire. J’allais à la rencontre de celles et ceux qui contribuent à la vie et au dynamisme de la cité, de ces hommes, de ces femmes et de leurs enfants, acteurs d’un territoire. J’embrassais les activités sportives, caritatives, culturelles, de plein air et musicales.

Tout en glissant sur les traces craquelées, patinées, oxydées ou tachées de ces images vibrantes du passé, j’ouvrais des fenêtres et tissais des liens aux côtés des figures locales, dans un jeu de répétition, d’association ou de duo. Entre mémoire, modernité et renouveau, ce projet est le fruit d’un héritage culturel, une juxtaposition de photographies datant de la première décennie du 20ème siècle et de 2024-25. Le dialogue entre l’œuvre d’Arthur Batut et mes images complices opère.

Myriam Richard

Olympique Labruguière XV - Photographie Myriam Richard - 2024
Falaises de Caucalières - Autochrome d'Arthur Batut vers 1910

ARTHUR BATUT ET LA PHOTOGRAPHIE COULEUR

Arthur Batut (1846-1918), exploitant agricole à Labruguière, est un amateur de photographie passionné de science et d’histoire. A la croisée des sciences et de la photographie, il pratique le portrait-type et invente, en 1888, la photographie aérienne avec un cerf-volant.

Vers 1897, il correspond avec les frères Lumière, inventeurs du cinématographe, mais aussi du premier procédé couleur industriel : l’autochrome.  En 1901 c’est la trichromie de Louis Ducos du Hauron qu’il expérimente comme en témoigne les fac-similés de clichés colorés, et les annotations du livre de Ducos du Hauron présents dans une des vitrines du Musée Arthur Batut. Et vers 1907, dès que le procédé autochrome – bien plus aisé à mettre en œuvre que la trichromie – arrive sur le marché, Arthur Batut l’utilise avec beaucoup de bonheur.