Présence en creux

Marianne Thazet

du 27 avril au 20 juin

 

Vernissage le 6 mai à 18h30

Adepte d’une photographie documentaire centrée sur l’intime, Marianne Thazet explore notre attention à l’environnement immédiat avec un regard sensible et décalé. Elle raconte le réel, en suggérant, en photographiant l’insignifiant et en sublimant les détails. Elle compose des images à plusieurs niveaux de lecture, produit des séries profondes qui sont autant de questions ouvertes sur le monde contemporain. Au printemps 2025, l’artiste était invitée à Labastide-Rouairoux par l’association Écho-ci, Écho-là en partenariat avec le Musée Arthur Batut, pour poursuivre ses recherches sur le territoire de la vallée du Thoré. Elle s’est immergée dans les forêts qui entourent les villages de cette vallée, interrogeant le lien intime que les habitant·es entretiennent avec ces paysages familiers. Les gravures et clichés de CEUX QUI TIENNENT LE CIEL réalisés à Labastide-Rouairoux côtoieront dans l’exposition au Musée Arthur Batut d’autres séries réalisée ces dernières années telles que DÉSESPOIR HEUREUX, une chronique visuelle d’une jeunesse désabusée, EAUX VIVES, réalisée dans la réserve naturelle de la confluence Garonne-Ariège ou encore D’OC, une errance sur le chemin de St Jacques de Compostelle loin des clichés et des sentiers battus communément associés à ce pèlerinage.

Marianne Thazet - D'Oc - 2020

LES SÉRIES PRÉSENTÉES DANS L’EXPOSITION

 

CEUX QUI TIENNENT LE CIEL (2025)
« En résidence artistique à Labastide-Rouairoux, je me suis immergée dans les forêts qui entourent les villages, interrogeant le lien intime que les habitant·es entretiennent avec ces paysages familiers. Au cœur de ce travail, les arbres deviennent des figures centrales, presque humaines. Par la gravure et la photographie argentique, je cherche à leur donner une voix, à révéler leur mémoire silencieuse. Cette série met en scène une forêt habitée, sensible, témoin des gestes, des passages, et des histoires locales – un dialogue entre humains et vivants enracinés. »

DÉSESPOIR HEUREUX (2019)
« C’est l’histoire d’une jeunesse désabusée. Témoins d’un monde à la dérive, ils refusent d’y prendre part. Pour eux les campagnes sont un refuge, y revenir est nécessaire. Comme une dernière issue.
Ils ont tout quitté pour revenir à leurs racines. La terre est leur mère et ils ont besoin du réconfort de ses bras. Les arbres sont des remparts au tumulte de ce monde. Ils sont les bâtisseurs d’une utopie nouvelle. Celle d’un avenir sans espoir mais heureux.
Celle d’un monde où tout pourrait continuer comme avant, ou le futur n’existe pas, ou le présent se vit simplement. »

 

EAUX VIVES (2022)
« La confluence Garonne-Ariège est un lieu de tumulte où se croisent, s’entremêlent, et se débattent deux éléments titanesques qui finalement se fondent l’un dans l’autre et reprennent leurs douces coulées. Allégorie certaine de la cohabitation entre la nature et l’Homme qui se dessine sur ces lieux. La réserve naturelle de la confluence est remarquable tant par sa biodiversité que par sa proximité périurbaine. Une situation rare et fragile qui exacerbe l’ambivalence, cette « collaboration » entre la nature et l’Homme qui d’un côté, la détruit et de l’autre, la protège.
Plus je sillonne ce territoire, plus je constate l’imbrication inextricable de ces deux éléments que je cherchais à démêler : l’Homme à l’origine de la destruction, et l’Homme qui veille à réparer, soigner et éduquer. Tout ici est un équilibre sensible entre ce qui meurt et ce qui renaît. Je parcours ces lieux en constatant les impacts qui leurs sont assénés et les précautions que l’Homme s’efforce de compenser, j’observe cette histoire d’amour-haine qui tente d’avoir une fin heureuse. »
Série réalisée dans le cadre de la résidence 1+2 Factory

D’OC (2020)
Les chemins de Compostelle ? Marianne a pensé de suite : introspection, défi sportif et religion. Une définition classique. Trop classique… ? Au fur et à mesure de ses errances, son bébé de deux mois sur le dos, elle a tracé son sillon, s’égarant en chemin loin des sentiers battus. En gîte, en camion, les rencontres sont venues toutes seules, surtout des jeunes, au début. Ils fuyaient la pandémie, avaient soif d’espace, de liberté… Une jeune femme qui se baigne nue en plein hiver, mais aussi un pasteur protestant trop accueillant au gré de sa hiérarchie et qui ne trie pas les pèlerins. Et puis des tas de gens qui habitent l’itinéraire imposé. « J’ai apprécié d’être considérée comme une vraie photographe, que l’on m’ait laissé autant de choix et fait confiance, car j’ai commencé la photo un peu tard et par accident…»
La commande géographique D’OC est un projet initié par Images Singulières, associant six jeunes photographes, chacun sillonnant un territoire de la région Occitanie.

Marianne Thazet - Eaux vives - 2022

MARIANNE THAZET

Née en 1989, Marianne Thazet est diplômée de l’ETPA à Toulouse en 2019. Membre fondatrice du collectif Trigone, elle participe à la création d’une résidence de territoire et d’un festival dédié à la photographie. Parallèlement, elle réalise plusieurs commandes, expositions et résidences photographiques, cherchant toujours à mettre en lumière le non-événement et les personnages décalés.
Marianne Thazet participe à des résidences de création, anime des ateliers et des cours de photographie. Elle a également reçu plusieurs prix et bourses, ce qui lui permet de continuer à développer ses projets.
Adepte d’une photographie documentaire centrée sur l’intime, Marianne interroge notre attention à notre environnement immédiat par un regard sensible et décalé. Elle raconte le réel, en suggérant, en photographiant l’insignifiant, en sublimant les détails. Elle compose des images à plusieurs niveaux de lecture, produit des séries profondes qui sont autant de questions ouvertes sur le monde contemporain.